Cercle Inter Universitaire
 

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Revoir notre politique européenne !

Par Pierre Chastanier

Ils sont nombreux les europhiles déçus qui pendant des années ont rêvé à une Fédération des Etats-Unis d’Europe capable, à l’ère des continents organisés, de tenir son rang face à l’Amérique et à l’Asie du Sud-Est, de renouer avec la Russie et ses immenses territoires et d’entrainer avec elle le continent africain si riche de promesses.

Déjà, à l’arrivée des Anglais, vassaux des USA, les problèmes ont aussitôt commencé (On se souvient du tonitruant « I want my money back » de Margareth Thatcher. Ils se sont aggravés ensuite lors de l’ouverture trop rapide aux Etats de l’Europe centrale si effrayés par leur grand voisin qu’ils préfèreront toujours le parapluie américain à la coopération européenne.

On a délibérément choisi la fuite en avant, l’élargissement plutôt que l’approfondissement. Cela arrangeait bien les eurocrates !

On a foulé aux pieds le principe sacro-saint de subsidiarité qui obligeait à traiter au niveau des Nations ce qui n’exigeait pas d’être traité au niveau communautaire si bien que paradoxalement la composition des fromages relève des directives européennes tandis qu’aux USA la peine de mort reste encore du ressort des Etats !

On a bafoué inconsidérément le choix des peuples, témoin le pitoyable référendum de 2005 (Si le peuple ne nous convient pas, changeons de peuple !).

On n’a même pas été capable de choisir une capitale de l’Union préférant le saupoudrage (Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné) qui génère des dépenses inconsidérées entre Strasbourg et Bruxelles entre Luxembourg et Francfort, avec des norias de camions hebdomadaires, des frais de fonctionnement aberrants, une administration pléthorique toute puissante face à une présidence tournante.

On a même réussi à ridiculiser les tentatives de politique commune en se gardant bien de choisir aussi bien comme Président du Conseil Européen que comme Haut Représentant aux Affaires Etrangères des personnalités médiatisées (qui connait Federica Mogherini ou Herman Van Rompy).

Seule reste stable la Commission donc la technocratie (dirigée aujourd’hui par Jean-Claude Juncker), sinécure bien confortable et, souvent même, refuge pour des battus des gouvernements nationaux !

Comment s’étonner alors que de toutes parts un sentiment eurosceptique se développe qui peut-être en Grande Bretagne se traduira par un « Brexit » avant 2017 ?

Comment s’étonner qu’en France Marine Le Pen rameute des foules en proposant même la sortie de l’Euro sans toujours mesurer les conséquences inflationnistes inouïes d’un départ isolé ?

Je crois à l’Europe !

Je crois à la nécessité d’organiser les continents à l’échelle humaine en tablant sur le socle intangible des Nations qui partagent une histoire, une culture et des valeurs communes.

Il faut faire l’Europe avec ceux qui le veulent et qui le peuvent. Et tant pis si momentanément un retour en arrière est nécessaire pour mieux rebondir.

L’Europe des Six aurait eu meilleur compte de développer une politique économique et budgétaire sans dumping social ou fiscal puis une politique étrangère commune associée à une politique de défense sous parapluie nucléaire français avant de proposer son modèle à ses voisins. Les Etats américains n’ont-ils pas été 13 avant d’être 50 ?

Cette Europe forte, mieux intégrée tout en respectant les particularismes nationaux, à l’économie prospère, parlant d’une seule voix de Berlin à Paris, de Bruxelles à Rome pour les questions de politique étrangère et de défense, contrôlant efficacement ses frontières, nouant entre ses industriels toutes les grandes coopérations qui ont vu le jour (ESA, Airbus,…) aurait vite été si enviée des pays voisins qu’ils auraient facilement accepté,  pour entrer, d’adopter nos règles communes car sinon ils n’auraient eu qu’à se soumettre ou à se démettre!

L’Europe doit être confédérale respectant les Nations (Nos voisins suisses le sont bien et ne semblent pas si mal s’en porter).

Elle doit protéger ses concitoyens en contrôlant ses frontières et en ne permettant à la mondialisation ultra capitalistique que des échanges équilibrés (Je ne t’achète que si tu m’achètes), en défendant l’emploi contre l’arrivée massive de produits importés (Quelle stupidité que l’abandon de la TVA sociale !)

Elle doit développer les brassages à l’intérieur de l’Union en favorisant les échanges scolaires, l’apprentissage des langues, la facilité d’installation des ressortissants européens mais en prenant garde que tous marchent au même rythme sur la base d’équilibres sociaux, fiscaux et budgétaires ce qui impose une rigueur indispensable lorsqu’on veut partager une monnaie commune.

Elle doit être ouverte au monde, accueillant selon ses possibilités et de façon équitablement répartie les migrants chassés par la guerre.

Elle doit protéger son indépendance en ne tombant pas dans le piège grossier que lui tend les USA avec le Traité de libre-échange transatlantique  (Délivrez-moi de mes amis, de mes ennemis, je m’en charge !)

Elle doit peser dans la politique mondiale assurant la sécurité de ses populations, participant généreusement au développement des pays émergents, luttant contre les radicalismes d’où qu’ils viennent, en coopération avec ses alliés traditionnels mais aussi en tendant la main à ceux qui pendant des siècles ont partagé notre histoire (Russie, Bassin méditerranéen, anciennes colonies africaines). L’Europe de l’Atlantique à Vladivostok et l’Eurafrique de Stockholm au Cap, voilà un enjeu majeur pour notre jeunesse.

Conserver le socle millénaire  de notre civilisation judéo-chrétienne, développer notre économie à travers le monde tout en privilégiant l’emploi au sein de nos frontières, favoriser le développement local des pays émergents, intégrer ceux qui souhaitent vivre chez nous dans le respect de nos Lois et de nos coutumes, n’administrer ensemble que ce qui est nécessaire et laisser aux pouvoirs locaux (l’Europe des Nations et l’Europe des Régions) le soin de gérer au plus près les affaires qui les concernent : voilà une belle perspective pour redonner force et vigueur à l’idée européenne.

Et si pour en arriver là il faut une crise profonde comme le départ des Anglais, nous n’en mourrons pas à condition de comprendre l’origine d’un tel échec s’il se produit 60 ans après le Traité de Rome! « Messieurs les Anglais, tirez-vous les premiers » si après avoir rejeté l’Euro et rejeté Schengen vous choisissez finalement de rejeter l’Union. Mais si vous choisissez le Continent au lieu du grand large nous serons heureux de vous garder parmi nous !

A suivre…

Vouloir rassembler les Français sous un seul Front Républicain est une belle idée utopique

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Pour tout renseignement, Pierre Chastanier (Président), 5 avenue de Messine, Paris 8ème