Cercle Inter Universitaire
 

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Relancer notre économie dans un monde qui change

Par Pierre Chastanier

Quand le bâtiment va tout va !

Les problèmes sociétaux que nous avons évoqués dans les articles précédents sont largement aggravés par les désordres de notre économie, car comme dit le proverbe : c’est lorsqu’il n’y a plus de foin dans l’écurie que les chevaux se battent !

Nous nous sommes laissé submerger par une mondialisation mal préparée et mal défendue qui au lieu d’ouvrir équitablement nos frontières à des échanges internationaux équilibrés a détruit des pans entiers de notre économie hormis, provisoirement, les hautes technologies et les activités non délocalisables.

Incapables même d’exiger, par la TVA sociale, une participation de ces importations massives à notre politique de solidarité, nous avons fait peser sur cette dernière, par des charges sociales dont nous sommes les champions du monde toutes catégories, un poids si excessif qu’il a détruit nos exportations et par conséquent l’équilibre de notre commerce extérieur.

Il faut donc prendre tout d’abord la mesure du problème et mettre en place rapidement avec ou sans l’accord de Bruxelles les dispositions conservatrices qui s’imposent pour que la concurrence non faussée souhaitée par l’OMC soit bien effective, sans dumping social, fiscal ou environnemental insurmontable.

Une fois réglée cette condition sine qua non d’un retour à l’équilibre, il faudra favoriser le recentrage de notre économie sur les grands enjeux du XXIème siècle.

Pour cela, comme nous l’avons déjà dit à propos du chômage, un sérieux assouplissement du Code du Travail, une simplification de nos méthodes administratives d’un autre âge et une tolérance fiscale moins inquisitoire seront nécessaires pour donner à nos patrons le goût d’entreprendre, aux jeunes le goût de créer, à notre tissu de microentreprises ou de TPE le goût de grossir (les PME ont souvent plus de 500 employés en Allemagne …et moins de 50 en France).

Il va sans dire que la flexibilité du travail permettant de débaucher facilement lorsque le carnet de commande s’effondre ne doit pas se faire au seul détriment des petits salariés. L’effort de solidarité doit se concentrer vers les plus modestes (avec plafonnement de l’indemnité chômage à 2 fois le SMIC) préférant à une allocation chômage de longue durée suivie d’un RSA, une formation réellement efficace vers des professions déficitaires et une aide personnalisée de retour à l’emploi. 

Dès lors que le cadre légal et social est fixé et accepté, l’économie du pays doit être redirigée vers les secteurs d’avenir.

Cela commence au niveau de la formation où un effort sans précédent est impératif ouvrant l’accès aux différentes filières en fonction des besoins prévisibles du pays, favorisant par de nombreuses passerelles les réorientations ultérieures qui s’avèreraient nécessaires, « apprenant à apprendre » comme le disait Gaston Bachelard, facteur avant d’être Professeur de philosophie , redonnant à l’apprentissage ses lettres de noblesse, mettant fin à ce mythe insensé du Collège unique larguant les moins doués qui désespèrent et freinant les meilleurs qui s’impatientent (ferait-on jouer les amateurs en 1ère division ?)

L’Agriculture où notre pays excelle doit-t-elle être sacrifiée sur l’autel de notre stupidité ? On autorise en France l’achat de porcs allemands abattus par des ouvriers polonais sous-payés et pendant le même temps on verse des indemnités chômage aux salariés de nos abattoirs qu’on licencie !

Attention aux appétits insatiables de firmes américaines voulant imposer au monde leurs poulets aux hormones, leurs vaches aux antibiotiques,  leur soja génétiquement modifiés, leurs semences Monsanto rendues stériles… Le traité transatlantique de libre-échange sera, j’espère, plus que sévèrement négocié. 

Notre industrie doit être le champ d’application prioritaire de la recherche fondamentale. Ne recommençons pas avec Bpifrance les tracasseries administratives du CNRS. Favorisons les échanges Université-Entreprise en ouvrant les carrières, Professeurs et Ingénieurs, dans les deux sens. La plupart des métiers de demain n’existent pas encore. C’est dire l’impérieuse nécessité de faciliter les transitions ce qui n’empêche pas de solides bases de culture générale. L’économie numérique a tout envahi. Déjà nos enfants pianotent sur leurs smartphones comme nous écrivions sur nos « ardoises magiques ». La France en partenariat avec ses voisins européens doit conserver le plus longtemps possible, face à la pression du sud-est asiatique, une longueur d’avance en matière de haute technologie, ce qui n’interdit pas, grâce à la compétitivité retrouvée notamment par la TVA sociale qui écimera les prélèvements obligatoires, de maintenir une petite industrie traditionnelle dont le pays a besoin et qui peut même se révéler, dans le luxe par exemple, comme une source de développement considérable.

Mais l’économie moderne est de plus en plus envahie par les services. A côté du design, de l’ingénierie, du conditionnement, du transport, du marketing et de la marge commerciale des distributeurs, la part industrielle du prix d’un produit n’excède guère plus que 17%. Un vaste gisement d’emplois qualifiés réside donc dans les services. Un exemple : si pour un même chiffre d’affaire la France employait le même ratio de personnel qu’en Allemagne dans l’hôtellerie et la restauration, cela créerait immédiatement 1 million d’emplois (Vous comprenez pourquoi les serveurs nous font toujours attendre!)  

Le domaine des services à la personne dans une population qui vieillit et dont l’espérance de vie est boostée par les progrès médicaux, source inépuisable d’emplois pour demain, doit être favorisé par des incitations sociales, fiscales et assurantielles.

Il imposera cependant de travailler plus longtemps, une personne active entre 25 et 60 ans ne pourra supporter durablement un jeune de moins de 25 ans et un vieillard vivant jusqu’à 90 ans et plus… Cela demande un peu de bon sens dans un pays où, depuis la Bête humaine, le cheminot prend toujours sa retraite à 55 ans ! 

Le monde change, économie numérique, télécommunications, énergies nouvelles, progrès médicaux, révolution biologique, transports internationaux, aventure spatiale, tous les fondements de l’économie du XXème siècle basculent vers de nouveaux paradigmes.

Préparons-nous et surtout préparons notre jeunesse à de tels bouleversements. Cela demande un esprit de responsabilité pour choisir le bon cap, de solidarité et de partage pour préserver la volonté de vivre ensemble, de prise en compte de la planète pour que 10 milliards d’humains puissent demain y vivre en paix. 

Au meilleur des mondes d’Aldous Huxley ou à la ferme des animaux de  George Orwell, préférons un monde de DIALOGUE où loin des dogmatismes ou des fanatismes de tous ordres, l’HUMANITE puisse perdurer et conquérir l’Univers.

Retour…

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Pour tout renseignement, Pierre Chastanier (Président), 5 avenue de Messine, Paris 8ème