Cercle Inter Universitaire
 

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L'Enigme de la Vie - Suite (II)

Par Pierre Chastanier

La merveilleuse histoire des hommes soulève une lancinante question.

Quelle que soit, en effet, notre aptitude à comprendre, donc à expliquer et à admirer, tout ce qui a pu se passer après le premier Big Bang, au cours de l'enchaînement des processus biologiques qui se sont déroulés depuis la nuit des temps, on est dans l'incapacité de concevoir ce qui a bien pu exister avant  l'origine, avant le Big Bang, et parmi les hypothèses possibles, l'idée d'un Principe créateur, transcendant, éternel, à Qui chacun donnera le nom qui lui convient, sans Qui rien ne serait apparu et Qui a, espérons-le, un dessein pour Sa création, nous vient tout naturellement à l’esprit.

Car, comme on imagine mal qu'une si incroyable histoire n'ait pas de raison d'être, on est alors forcé de se demander :   Pourquoi tout cela a-t-il commencé ?

Pour pouvoir apparaître à la surface de la Terre, les premiers constituants autocopiants issus de la matière inerte (les acides nucléiques) avaient à la fois besoin de Lumière (les éclairs) et de l'atmosphère primitive de la Planète (une soupe de corps purs et de composés chimiques simples, Carbone, Oxygène, Azote, Hydrogène, Soufre… assimilable aux  Eaux Primordiales de la Genèse), deux éléments, Lumière et atmosphère primitive, sans lesquels rien ne se serait produit (comme l'a si bien démontré, en 1957, la célèbre expérience de Miller) et dont l'importance capitale se révèlera par la suite.

                

Dans le Prologue de son Evangile, écrit en grec, l'Apôtre Bien-Aimé du Christ, nous annonce sous une forme poétiquement codée : 

Au commencement était le Verbe (le Logos, la Parole)

Et le Verbe était auprès de Dieu  (le texte dit  "o théos" c'est-à-dire "le" Dieu)

Et le Verbe était Dieu (le texte, cette fois, dit "théos" c'est-à-dire "un" Dieu et non plus "le" Dieu)

Il y aurait mille façons, bien sûr, d'appréhender une telle affirmation et il serait agréable de mettre en avant quelques belles coïncidences :

-       le Verbe (LoGos en grec) est formé des deux lettres L (Lambda) symbole du Compas et  G (Gamma) symbole de l'Equerre !

-       le mot VerBe contient les mots Ur (le V étant l'équivalent du U) qui signifie Lumière et Bio qui signifie Vie : Lumière et Vie qu'on retrouvera sous une autre racine dans le mot fève (fèbe, Phébus-Bio, Lumière et Vie), trésor des galettes de l'Epiphanie décorées autrefois de rayons de soleil. On comprend donc mieux la suite :

"En lui était la Vie et la Vie était la Lumière des hommes".

-       or, la vie sur Terre est née de la Lumière (comme nous venons de le rappeler) et persiste grâce à la Lumière (par la photosynthèse des végétaux)

-       et le Verbe en Grammaire est le mot de l'action. Ce n'est ni le substantif qui Est (le Père), ni l'adjectif qui qualifie (l'Esprit).

Ce Verbe qui est Dieu (un Dieu), est Lumière. L'évangéliste fait donc de lui un Démiurge solaire, notion d'emblée pressentie chez les Egyptiens où Ra (Re) était le Dieu- Soleil (mais l'enfant de Noël n'est-il pas le Nouvel Hélios : No-ël ?)

Il était au commencement auprès de Dieu (le Dieu) mais non avant le commencement, car au début de la Genèse, il n'y a que DIEU et les Eaux primordiales). Le « Fiat lux » ne sera prononcé qu'au cours du premier jour.

Notons à cet égard qu'une interprétation initiatique de la qualification de la Vierge Marie comme "Mère de Dieu", et pas seulement comme "Mère de Jésus" repose sur sa représentation symbolique de Materia primera ou Virgo Materia, équivalent des eaux primordiales, qui sont au commencement auprès de Dieu, avant l'ordonnancement de l'Univers (Ordo ab Chaos), et donc avant le "Fiat Lux" qui crée le Verbe. Déméter n'était-elle pas d'ailleurs appelée "Mère des dieux".

Pour les Gnostiques chrétiens, le Christ qui s'incarne en Jésus pendant trois années (Jésus-Christ), procède donc du Père, le Dieu Unique du Cosmos, mais aussi des eaux primordiales que Marie représente.

"Par lui tout a paru" donc "tout a été révélé, éclairé par la Lumière" et non pas "tout a été créé". Le créateur reste pour les croyants le Dieu Unique, Maître de l'Univers, qui EST éternellement, que personne n'a jamais vu mais que le Démiurge qui a été créé par Lui au commencement et qui est immortel (car il n'a pas de fin) et non éternel (car il a un début), nous a fait connaître.

Le Prologue poursuit en disant :

"Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous"

Depuis Noé, le Verbe s'est manifesté sur Terre et se re-manifestera très certainement jusqu'à la fin des temps à travers différents Messagers, Moïse et les Prophètes, Bouddha, Jésus, les Saints et les Martyrs, Mohammed, Ali et bien d'autres passés et à venir (d'où le "latitudinarisme", prôné par Anderson, que l'on découvrira plus tard).

Pour les Chrétiens, son incarnation en Jésus fera de lui à la fois le Fils de l'Homme et, le Fils unique de Dieu (Jésus-Christ) plutôt d'ailleurs que Fils du Dieu unique (thèse qui vaudra à Etienne Dolet d'être brûlé vif par l'Inquisition en 1546 Place Maubert). Plein de grâce et de vérité, démiurge intermédiaire entre l'homme et Dieu, il sera chargé d'apporter la Lumière aux hommes (donc sur notre planète Terre) même pour ceux qui ne l'ont pas reçu.

Pour les Chrétiens, le Message du Christ "Aimez-vous les uns les autres" nous est transmis pour la glorification du Père (car le Dieu du Nouveau Testament est Amour et Connaissance) et pour notre Salut, puisqu' "à tous ceux qui l'ont reçu, dit l'Apôtre Jean, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu".

Si l'on accepte l'idée que le Verbe, le mot de l'action, s'exprime, dès le commencement, à travers la mise en œuvre des Lois fondamentales de la Nature et notamment par le  Code génétique qui explique l'origine de la Vie, (Dieu crée seul mais, sans Lui (le Verbe qui est en Dieu), rien (n'aurait) paru de ce qui est paru car en Lui est la Vie), alors on peut comprendre que, l'homo sapiens, bénéficiaire actuel de la déclinaison la plus perfectionnée du Verbe initial (la Lumière), après 4,5 milliards d'années d'évolution, triomphant d'invraisemblables obstacles, a été progressivement capable de prendre conscience de lui-même, de mesurer tout ce qui le différencie de ce qui l'entoure, de chercher à élargir son champ de vision psychique en développant un langage (autre sens du mot Logos) d'où naîtrait la pensée archaïque (la fameuse pensée sauvage de Lévy Strauss).

Les hommes préhistoriques se pensant hommes, 30.000 ans avant notre ère avaient domestiqué l'image (voir pour s'en convaincre les merveilleuses peintures pariétales de la Grotte Chauvet - Ardèche). Ils possédaient déjà potentiellement tout ce qui fera, quelques millénaires plus tard, les qualités fondamentales de l'esprit scientifique: précision de l'observation, induction logique, idéation, sens de l'abstraction, leur permettant, entre autres, d'inventer l'écriture, il n'y a guère plus de 5.000 ans dans le croissant fertile.

Ils apprirent ainsi, malgré une émotivité sans doute difficile à endiguer, à comprendre leur propre univers et à trouver dans les élargissements de leurs niveaux de conscience dont ils firent itérativement l'expérience, l'apaisement de l'angoisse qui les étreignaient devant les forces apparemment incontrôlables de la Nature qui les cernaient de toutes parts et qu'ils devaient impérativement dominer pour survivre.

Au début du néolithique, on qualifiait de Dieux (habitude qui s'est maintenue chez les Grecs et chez les mères juives parlant de leur fils) ceux qui avaient atteint un haut degré de conscience, l'homme pouvait donc légitimement, pour les auteurs inspirés des textes sacrés et en premier lieu de la Bible être considéré par rapport au monde minéral, végétal et animal qui l'entourait comme créé à l'image de Dieu.

A la fin du XXème siècle, le néodarwinisme, joignant aux fulgurantes découvertes de la théorie de l'évolution les données plus récentes de la génétique, allait vouloir tout expliquer par le concept moderne de "gène égoïste", théorie selon laquelle le véhicule privilégié (plante, animal, homme,…) est, à chaque génération, celui qui assure aux gènes les meilleures chances de se reproduire et de poursuivre leur route vers l'Immortalité.

La sélection naturelle et l'adaptation à l'environnement expliquent, bien sûr, l'apparition successive et la disparition parfois brutale à la surface du Globe des innombrables espèces (dinosaures par exemple) qui s'y sont succédé depuis l'aube des temps.

Mais la survie ne peut-elle être que la résultante d'un tirage au sort, d'un jeu de hasard selon la loi d'airain prédateur - proie ?

Dieu ne joue pas aux dés et les dés ne sont en réalité un jeu de hasard qu'en apparence !

L'enseignement messianique "Aimez-vous les uns les autres" relayé sous d'autres cieux, par d'autres Messagers, sous des formes guère différentes, est au contraire la chance donnée à l'homme, pourvu qu'il reçoive la Lumière, de SORTIR DE L'ANIMALITE donc des  seules Lois physiques de la Nature et de poursuivre autrement, grâce à la puissance de son esprit, sa marche vers la Connaissance et vers Dieu.

Il a la capacité mentale de dominer le monde, de comprendre donc d'admirer et d'aimer. Il a aussi celle de s'autodétruire par ambition, jalousie et fanatisme (alors que le Démiurge est vérité, justice et amour) et même grâce aux progrès de la Science de détruire, pour un temps, toute la vie ou presque à la surface de la Terre.

En effet, la société humaine, cent mille ans après Cro-Magnon, si elle veut s'en tenir aux seules Lois de la sélection naturelle, risque fort de courir  à sa perte. Les génocides qui se succèdent, le terrorisme international, l'égoïsme des nantis, l'irresponsabilité des peuples prêts à épuiser la planète, les pandémies négligées (Sida) quand elles ne touchent que des êtres considérés comme des sous-hommes par un capitalisme triomphant (à l'heure de la faillite des idéologies liberticides), tout cela pèse lourd face aux efforts des quelques bonnes âmes qui veulent relayer le "Message".

Les gènes se moquent bien de la souffrance des autres. Assemblages, si complexe soient-ils, de molécules inertes, ils n'ont pas d'état d'âme. Si leur véhicule (l'homme en l'occurrence) par un ego démesuré ne voit en son prochain qu'un gêneur et laisse sans remord, contrairement au Bon Samaritain, le voyageur blessé au bord de la route (quand il ne roule pas dessus), il n'en sera affecté que si le groupe jusque-là privilégié qui le transporte vient à disparaître. La sélection naturelle aura fait son œuvre et un autre groupe de gènes compétiteurs pourra entrer en action et tenter sa chance.

Faudra-t-il, selon le plan divin, si le message Christique est rejeté, qu'une autre espèce prenne la relève et commence sa marche vers Dieu ?

L'homme a la liberté de choisir… et choisir c’est accepter de se tromper !

Quel rôle les Initiés peuvent-ils jouer dans ce choix?

Et tout d'abord, comment naquit l'Initiation?

Comment se transmit-elle au cours des millénaires?

Comment peut-elle aider l'Homme, au-delà des apparences, à trouver son Etre?

L'homme du paléolithique pris très tôt conscience de ce que le monde qui l'entourait présentait deux aspects, l'un physique dont il appréhendait quotidiennement la présence par les sens, l'autre immatériel, manifestation de forces multiples souvent redoutables dont il constatait les effets sans en percevoir l'origine et qu'il désigna sous le terme générique de "mana", mot de souche indo-européenne représentant le monde parallèle dans lequel les défunts poursuivaient leur vie après la mort.. De ces deux archétypes de la psyché humaine découleront à la fois la volonté d'agir et le besoin de comprendre.

Au cours de l'interminable hiver glaciaire du paléolithique supérieur, l'homme forcé de s'abriter une longue partie de l'année dans des grottes ou des cavernes où il vivait en petits groupes, disposant d'un immense temps libre propice à l'activité mentale, laissa sa pensée naissante vagabonder au cours de transes extatiques favorisées par le jeûne, l'obscurité, les fumées et l'ingestion de nourritures hallucinogènes. Perdant conscience, en proie à des visions dont il conservait par la suite la mémoire, il appréhendait un monde inconnu qu'il identifia à l'univers du "mana", éprouvant ainsi un fort élargissement de son être qui lui conférait une puissance nouvelle.

Les plus doués, si l'on peut dire, n'eurent de cesse de renouveler l'expérience et tout naturellement leur vint l'idée, dans une société où l'individualisation de la personne était peu ressentie, qu'ils leur incombaient d'assurer la liaison entre le monde du réel et le monde des apparences pour le mieux-être de la collectivité. Les Initiés étaient nés.

Il y avait donc deux univers mais si l'un était accessible à tous, l'autre devint progressivement un territoire privilégié, inviolable sur lequel les Initiateurs jetèrent leur dévolu. La notion de sacré était apparue.

Beaucoup plus tard, lorsque l'homme, sous les cieux plus cléments du néolithique, sortit des cavernes et s'adonna à l'agriculture, il conserva le souvenir de ces Grands Ancêtres, hypostase du Grand Initiateur  qui sous toutes les latitudes serait à l'origine du divin.

En pénétrant dans le sacré, l'homme archaïque accédait enfin à la signification secrète des choses, du moins le croyait-il, pour assurer sa puissance sur elles et tenter de comprendre le monde au cours de rituels d'initiation qui reprenaient le thème permanent de mort et de résurrection.

L'arrivée de l'agriculture qui substitua au culte des Grands ancêtres celui de la Déesse Mère se traduisit par l'apparition de rites de création agraires (rites de fertilité, rites phalliques, prostitution sacrée), encadrés par des collèges de prêtres, dont les dernières traces, celles des massacres rituels, subsistèrent jusqu'aux civilisations précolombiennes.

La liturgie primordiale incomprise et mal interprétée, déformée par les mythes qui prétendaient pourtant l'expliciter, allait laisser la place aux dieux pour justifier un sacré devenu inaccessible à l'esprit.

Dès lors, l'initiation ancienne allait s'engager sur deux voies rigoureusement divergentes. La première, celle des Grands Ancêtres, resta l'ascèse rigoureuse qu'elle avait toujours été, menant à une pénétration du sacré par niveaux de conscience successifs (la voie des Chamanes). La seconde, celle de la théocratie néolithique se contenterait au cours de fêtes spectaculaires d'approcher superficiellement le sacré, début d'une dégénérescence qui ne manquerait pas d'apparaître.

De nombreux mythes se succédèrent alimentés par les péripéties des dieux et des déesses, légende suméro-babylonienne d'Ishtar se dépouillant successivement de ses ornements lors de sa descente aux Enfers puis récupérant ses parures sur le chemin du retour, mythe de Cronos dévorant ses enfants à leur naissance, excepté Zeus, caché par sa mère Rhéa puis les vomissant indemnes (thème qui alimentera tous les contes d'ogres)… tous reprennent le même thème mort - résurrection dont l'initiation est le véhicule, jusqu'à celui de la Passion du Christ qui envahira le monde occidental (le Démiurge qui inspirera l'Esprit de Jésus lors de son baptême par Jean, s'incarnant en Jésus-Christ, séjournera trois jours au tombeau, réclusion traditionnelle de l'initiation, ressuscitera en gloire, Christ Pancreator, puis rejoindra sa demeure céleste avant la Parousie). 

L'initiation a traversé les millénaires mais, malgré son besoin de vérité, l'homme moderne est souvent devenu inapte aux disciplines ascétiques susceptibles d'éveiller en lui la mentalité nécessaire pour accéder aux vraies valeurs. Comprendra-t-il, éclairé par la Science moderne, que le Message du Christ (mot égyptien qui signifie "porteur de secret") peut être maintenant décodé :

·         Aimez-vous les uns les autres pour qu'à travers votre descendance, vos gènes puissent se transmettre jusqu'à la fin des temps !

·         Aimez-vous les uns les autres pour échapper aux impitoyables Lois Physiques de la Nature et donner ainsi une chance de survivre (ou plutôt de muter) à l'humanité actuelle!

·         Aimez-vous les uns les autres car la mission assignée au Système solaire pourrait être de faire triompher l'Amour dans la création…à partir de l'homme ou de ceux qui naîtront de lui ou …à partir de l’espèce qui lui succèdera!

Souhaitons-nous, grâce aux Initiés, de ne pas  le comprendre trop tard…! 

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Une initiation universaliste aux cultures et aux valeurs sociétales, scientifiques et ethiques

Pour tout renseignement, Pierre Chastanier (Président), 5 avenue de Messine, Paris 8ème