Cercle Inter Universitaire
 

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Le coaching d’intégration

Par Nada Ghanem

«  ... les humains ne sont pas seulement eux-mêmes ; ils sont aussi le milieu où ils sont nés, le foyer dans la ville ou la ferme où ils ont appris à faire leurs premiers pas, les jeux qui ont amusé́ leur enfance, les contes de vieille femme qu’ils ont entendus, la nourriture qu’ils ont mangée, les écoles qu’ils ont fréquentées, les sports qu’ils ont pratiqués, les poètes qu’ils ont lus, le Dieu qu’ils ont adoré. »

                                                                                   W. Somerset Maugham. Le fil du rasoir

Il m’a fallu 11 ans après ma naturalisation en 1997 pour comprendre que l’enjeu de l’intégration est un enjeu majeur pour l’harmonie d’une société. La technique de « coaching d’intégration » que j’ai développée et que je pratique aujourd’hui, est le fruit d’un travail empirique, d’une conscientisation au fil du temps des éléments de dysfonctionnement d’un système d’accueil pour aboutir à la mise en œuvre d’une méthode qui fait ses preuves même si le chemin est régulièrement jalonné d’épreuves !

Je me souviens encore de ce moment éblouissant où dans une pièce de la préfecture de Versailles, on entonna la marseillaise en guise de bienvenue, à la libanaise que je suis et, à la française que je suis devenue. J’en étais fière.

Tout près de moi se tenait une dame, la quarantaine, un voile couvrant les cheveux, à qui on avait demandé de reconnaître ses droits et devoirs envers la République et de respecter sa devise liberté, égalité et fraternité. Elle devait répéter derrière le préfet un texte pour prêter serment. A ma grande surprise, ma jumelle en naturalisation ne semblait pas comprendre le français et mimait la diction de son instructeur. Tiens ! J’en étais étonnée, quelque peu déçue de constater qu’une personne ne pratiquant pas la langue de Chateaubriand, de J.J. Rousseau, de Voltaire, avait droit au même traitement que moi. Bien plus tard, ma déception s’est transformée en une incompréhension, en une interrogation sur le système pédagogique que pratique la France et sur ce qu’il peut offrir comme adaptabilité aux impétrants.

Ce premier évènement, m’a conduite à mener une toute première réflexion sur l’importance centrale de la communication, et sur le bon usage de la langue du pays d’accueil, élément majeur pour la compréhension de l’autre. 

Un deuxième fait marquant survenu en 1999 m’interpella, réel indicateur d’une France en mutation. Je me trouvais dans les couloirs d’une maternité de la banlieue ouest pour l’accouchement de mon fils cadet, quand un homme tête baissée s’approcha de moi, cracha par terre, marmonna dans une langue étrangère, que j’étais le diable incarné, et que je devais rentrer dans ma chambre pour m’habiller décemment. Je me suis tue, j’en étais triste et cette fois-ci j’ai compris que la France, pays proclamé terre d’accueil, a loupé une des marches de l’intégration.

Je me suis interrogée cette fois-ci sur l’universalisme vs pluralisme des valeurs et si en toute objectivité la position méta-éthique d’un éducateur pourrait faire converger dans un même pays, les différents déséquilibres et disparités. L'universalisme des valeurs devrait-il obéir à une vision absolutiste de l’intégration ?

Les valeurs à la française sont-elles, dans une certaine mesure, différentes des valeurs d’autres pays ? Y aurait-t-il un noyau de valeurs universelles, une sorte de dénominateur commun sur lequel pourraient s’entendre tous les ressortissants de différents pays vivant et bénéficiant du même sol ? Le respect, la bienveillance entre autres, seraient-ils des valeurs à revisiter ou à réinventer ?

Un troisième incident fut décisif pour me décider à faire de l’intégration un sujet d’étude à part entière. Lorsque j’ai demandé à un « ami » de me donner des cours pour performer mon jeu aux échecs, quelle fut grande ma surprise lorsqu’il m’a répondu qu’il ne pouvait pas honorer ma demande puisque j’étais une femme !  Se trouver seul avec moi dans la même pièce, même porte ouverte lui posait un problème. Cet ami en question est né en France, a grandi dans les Ecoles de la République et a été élevé au biberon de la devise républicaine.  

Il y eut plusieurs autres évènements mondiaux et nationaux, de nature terroriste, raciste que je ne citerai pas ici ; il y eut d’autres cas isolés alarmant pour l’union nationale, des cas tangibles d’une dérive vers un communautarisme sectaire et j’ai donc décidé dans un sursaut de survie de contribuer à rassembler ce qui est épars.

J’ai donc crée en 2009, cette technique unique en son genre, ultra simple du reste, quasi inexistante à ma connaissance en France, et inspirée de mes pratiques de coach et consultante internationale. Un concept à deux lettres VM :

1-      V pour Vision d’un monde juste, paisible et durable auquel chacun, quelques soient ses origines, ses croyances, et ses convictions, répondant à l'appel de sa conscience, apporte sa propre contribution.

2-      Et M pour Mission d’inspirer, équiper et connecter les personnes pour répondre aux besoins d’harmonie et du vivre ensemble. 

Ce concept je ne l’ai pas voulu à sens unique. Il ne s’adresse pas uniquement aux « immigrés », aux « demandeurs d’asile » ou aux personnes dont les parents sont d’origine étrangère, mais offrent à tous ceux désireux de s’inscrire dans une intelligence interculturelle la compréhension de soi permettant de s’ouvrir à la compréhension de l’autre. L’intégration n’est pas à sens unique ; elle suppose l’harmonie et la juste mesure entre accueillis et accueillants.

Pour se faire, j’ai opéré dans une logique semblable à celle qu’on utilise dans un laboratoire scientifique où l’on explore à la loupe tous les composants d’une maladie et par conséquent tout ce qui pourrait y remédier. Mon laboratoire, en revanche, avait cette particularité de vouloir toucher l’être humain dans les profondeurs de son âme ; je l’ai baptisé « le laboratoire des sens ».

 « Connais-toi toi-même, et tu connaitras l’Univers et les Dieux » disait Socrate.

A-     Ma toute première approche fut donc l’exploration du « Moi »

Avant de chercher à connaitre les autres, il faut d’abord se connaitre soi-même. Facile, non ? On vit 24 h/24 avec soi, donc on devrait se connaitre sur le bout des doigts ! Pourtant lorsqu’on doit répondre à la question « qui suis- je ? », ce n’est pas si simple : il y a une foule de réponses possibles, car notre identité́ multiple et complexe est liée à de nombreux paramètres. Elle est de ce fait en constante évolution.

Je vais donc commencer ainsi, simplement en posant cette question, « qui êtes-vous, qui suis-je ? », aux autres et à moi-même. Une question du reste nombriliste mais complètement assumée pour permettre à chacun d’entreprendre ce travail d’introspection sur son « moi » profond. S’intéresser à notre identité revient à nous intéresser à notre centre, à notre équilibre psychique.

Dans ce travail plusieurs angles de vue sont à considérer :

1-      Se donner une image positive de soi-même, c’est-à-dire se concevoir comme une personne de valeur, capable d’agir sur les évènements et sur les choses. Cette attitude développe l’auto-concept positif ainsi que l’attitude consistant à accepter les autres avec respect et à les apprécier.

2-       Découvrir la paix intérieure développe la capacité de contrôler la colère, de construire l’apaisement, la compassion, et de propager l’amour, la gentillesse, l’empathie et ainsi de suite.

3-      S’adapter au contexte où l’on vit. Changer, sans perdre le sentiment de continuer à être soi-même. Etre son Vrai Soi développe la force de caractère pour être honnête dans l’expression de ses sentiments et de ses convictions sans décevoir l’autre.

4-      Développer la pensée critique chez les individus est essentielle pour la résolution des problèmes. Cela implique une agilité à examiner un même sujet avec différents points de vue. 

5-      Respecter la dignité humaine développe le respect des droits de l’homme, des devoirs et de la justice : « faites aux autres ce que vous voudriez que l’on vous fasse ».

6-      Etre conscient de sa propre capacité à résoudre les conflits par des techniques spécifiques mettant en lumière l’écoute active, la médiation, la résolution créative et la recherche de solution alternative. 

7-      Développer la confiance en soi pour avoir la capacité d’être acteur majeur de paix.

Un miroir pour partir à la découverte de soi-même fournit la solution.

Dans ce premier module du  « coaching d’intégration », je propose ce voyage en 7 points à la découverte de soi-même.
Décoller son nez du miroir, prendre du recul, se décentrer dans un premier temps pour se voir en entier dans son propre miroir, telle est la 1er étape de la méthode.

N’oublions pas que face à d’autres cultures, d’autres identités, nous développons certaines stratégies identitaires. Si nous ne savons pas clairement qui sommes-nous, si nous n’avons pas une image positive de soi-même, nous risquons de rejeter notre propre culture pour nous assimiler totalement à celle de l’autre. Ou au contraire, nous avons peur de perdre notre identité́ en nous adaptant et donc nous nous replions sur nous-même en rejetant totalement l’autre. C’est bien souvent le cas des immigrés qui doivent vivre dans une culture différente de la leur.

Pour arriver à négocier entre deux cultures, à les combiner, à créer quelque chose de nouveau, il faut des bases solides et valorisées de part et d’autre.  Créer des ponts relationnels entre deux cultures, en connaissance de cause, est un point d’orgue indispensable pour la réussite de l’intégration. 

Si l’identité́ culturelle est une fondation solide pour les relations interculturelles, elle joue avant tout un rôle important dans notre vie quotidienne. En effet, elle constitue un système de valeurs, un mode de fonctionnement, que nous avons intégré́ et qui nous permet de réagir dans différentes situations. Ceci constitue un grand avantage : nous pouvons nous fonder sur quelque chose de stable, d’éprouvé́, de reconnu, sans devoir à chaque fois tout remettre en cause et réinventer.

En France, très jeune on intègre facilement, par exemple, que lorsqu’un feu de signalisation est rouge, on doit s’arrêter et qu’on peut passer au vert. Comme tout le monde a intégré́ ce code, la circulation est beaucoup plus fluide. C’est simple !                                                             

Or on s’aperçoit que cela est un peu plus complexe du fait que ce qui pourrait nous paraître évident ne le sera pas pour d’autres personnes venant d’ailleurs. La preuve : un été, de retour au Liban, quelques années après mon immigration en France, j’y découvre les feux de signalisation. Les trente ans de guerre avaient fait disparaître ce signe civique. Je ne l’ai pas connu moi-même ; je l’ai redécouvert dans les débuts des années 2000. Fière de cette avancée ou si je puis dire fière de cette pointe technologique, je m’arrête au feu rouge. Qu’elle fut grande ma surprise lorsque derrière moi un chauffeur me klaxonna et me demanda de continuer à rouler car s’arrêter allait provoquer un carambolage. Culture du feu, ou absence de culture ?

Je n’oublierai pas non plus le jour où en France j’ai dû suivre un stage pour retrouver les six points perdus sur mon permis de conduire. J’ai découvert, comme un enfant à l’école maternelle, la joie des formes et pu identifier le sens de chaque signalétique, ces fameux graphiques que nous trouvons sur les routes de France pour nous indiquer, une impasse, un sens interdit, un sens unique, une voie inondable, etc. Ce jour-là, j’ai pris conscience que j’aurais pu être un danger public, que toute ma conduite s’est faite intuitivement sans que je n’aie eu à étudier le code de la route, et sans que je n’aie à me soumettre aux épreuves que tous candidats français nés en France avaient à subir. Ce jour-là, j’ai arrêté de me vanter qu’au Liban, pendant la guerre, j’avais acheté mon permis !

Les particularités culturelles sont un fait. Il existe des variables objectives de différence : la relation à la représentation du « moi », à la règle, au droit, au devoir, au temps, à l’environnement, pour ne citer que ces exemples.

Au-delà de l’apprentissage des différents codes culturels des migrants, l’objectif du « coaching d’intégration » est de se comprendre mutuellement, d’accueillir une personne de culture différente, c’est -à-dire d’être conscient de ces variables, de les reconnaître et de les intégrer pour éviter faux-pas et clichés. La prise en compte de la différence est essentielle, car lorsqu'elle est mal gérée, les tensions et frustrations qu'elle suscite peuvent conduire à l'intolérance, au repli identitaire ou communautaire, au racisme, ou plus généralement à ce qu'on appelle « l'ethnocentrisme ».

Comment faire pour transformer notre « regard qui enferme » en « regard qui libère » ? Comment dépasser la peur et apprendre à connaitre l’autre, à interagir avec lui ?

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. »  Antoine de Saint-Exupéry

B-     La deuxième approche, « l’AUTRE et moi », « Moi et l’autre »

« Le relativisme culturel est également entendu comme la position suivant laquelle « toutes les cultures se valent », position qui interdit le jugement de la hiérarchisation des cultures, et que l’on assimile souvent à tort à la tolérance. La tolérance peut être jugement aussi : « tolérer » la culture de l’autre ne sous-entend-il pas qu’en fait on la désapprouve ? » disait Michel Sauquet dans l’intelligence interculturelle.

A la rencontre des autres : une démarche interculturelle

Etre « interculturel », si je peux m’exprimer ainsi, est si simple – et si difficile. On peut faire des découvertes surprenantes sur soi-même en écoutant les expériences de l’autre. Les recherches de Margalit Cohen-Emerique, chercheuse en psychologie sociale spécialisée dans la démarche interculturelle, démontrent que la connaissance théorique de l'Autre ne suffit pas.

« Accepter l'altérité et le dialogue est une démarche qui demande un effort constant de remise en question de soi et une lutte perpétuelle contre tout ethnocentrisme, amalgame et idée préconçue ». Afin de comprendre, d’accepter et de tolérer la différence, il faut commencer par la discerner et être capable de le faire sans juger.

Le 2eme module du « coaching d’intégration » incorpore 3 étapes indispensables à toute entente :

1-       La décentration qui correspond à une partie de « l’approche A » : démarche vis -à-vis de soi-même ; je me pose près de moi et je m’auto analyse.

2-      La communication – plus que la connaissance de la langue.

3-      La compréhension de l’autre : démarche vis-à-vis de l’autre

4-      La négociation - démarche vis à vis de la relation - développe des compétences d'analyse de conflit, de médiation et de créativité pour un « vivre ensemble ».

 

La compétence de communication interculturelle implique plus que la connaissance de la langue en tant que code linguistique comprenant grammaire et vocabulaire. Dès qu’on parle une autre langue, on entre dans un autre modèle culturel et il devient essentiel de lier toutes les autres composantes d’une réelle compétence de communication à cette compétence linguistique. 

C’est la raison pour laquelle, dans ma démarche de « coaching d’intégration », j’insiste beaucoup sur l’apprentissage de la langue dans toute sa dimension, laquelle représente pour moi un des premiers vecteurs d’intégration dans le pays d’accueil.

Cette compétence de communication entre individus de différentes cultures s’exerce à plusieurs niveaux. Les personnes sont différentes de par leur région, leur ethnicité́, leur religion, leur langue, mais aussi de par le sexe, leur génération et leur éducation ou la profession.

En observant la communication et l’interaction entre personnes appartenant à des systèmes culturels différents, nous distinguons des composantes majeures qui constituent autant de clés pour comprendre et déchiffrer le comportement de l’étranger ; telles que les postures corporelles qui sont une source infinie de différences et de malentendus.

 Quelques exemples :

-          Assis les pieds devant est la pire des insultes pour un musulman.

-          La poignée de main est utilisée de façon beaucoup moins extensive par les anglo-saxons.

-          Au Japon c'est la courbette qui est de règle pour saluer

-          Hocher la tête d'avant en arrière signifie oui dans la plupart des pays d'Europe occidentale, alors que la signification est non en Grèce ou en Bulgarie. Bouger la tête de gauche à droite est un signe de négation pour les uns, et d'approbation pour les autres.

-          Tapoter un petit enfant sur la tête est un geste d'affection, mais en Malaisie et dans de nombreux pays islamiques, la tête est considérée comme la source de toute activité́ spirituelle et intellectuelle ; elle donc sacrée.

Autant d’exemples qui me conduisent à affirmer que la signification de ces codes est complexe ; on aurait tort d'opposer de façon rapide et sûrement caricaturale des peuples qui seraient prudes dans le contact physique (« auquel on adjoindrait les anglo-saxons ») à d'autres peuples plus libéraux. Il n'y a nulle part de vraie liberté́ des mœurs. La façon des hommes et des femmes américains et européens de manifester leurs sentiments en s'embrassant dans la rue et en public peuvent paraître à beaucoup d'autres peuples comme la manifestation de privautés choquantes. Chacun a tendance à adopter une position ambiguë : rejetant ou enviant chez l'autre ce qui est interdit chez lui.

La compréhension de l’autre dans sa différence est primordial. 

L’enquête appréciative pour cette compréhension est une méthode particulièrement utile pour rendre hommage à la différence et apprécier la valeur des cultures. Elle est employée dans le « coaching d’intégration » pour rétablir le lien entre les valeurs et l’importance de la société́, notamment en cas de méfiance entre les cultures. Il ne s’agit pas d’un jeu de simulation au sens strict du terme. Néanmoins, nous l’utilisons en tant que tel dans le but d’engager les participants dans un dialogue sur des questions très sensibles dans un contexte des relations interculturelles, telles que les valeurs culturelles.

Le but de cette méthode est d’apprécier ce que peut nous apprendre le regard des autres : ce qu’on note chez les autres nous mène à nous poser des questions sur nous-mêmes et à découvrir de nouveaux aspects de notre personnalité́.
En entrant ainsi en contact avec l’autre pour mieux le connaitre, c’est aussi une part de soi-même que l’on peut découvrir. Car, l’autre est comme un miroir qui nous renvoie une image de nous-mêmes.

« L’identité́ n’est pas donnée une fois pour toutes, elle se construit et se transforme tout au long de l’existence. » Amin Maalouf. Les identités meurtrières

C -    La troisième approche, « l’ENVIRONNEMENT et MOI » 

Notre identité́ s’est construite – et continue à se construire - petit à petit, au gré́ des rencontres, des évènements et des milieux avec lesquels nous sommes amenés à rentrer en contact. C’est pourquoi notre identité́ est non seulement multiple mais également dynamique, en évolution permanente.
L’évolution identitaire n’est pas un travail solitaire : « je suis influencé par l’identité́ de l’autre et mon identité́ influence l’autre »

C’est pourquoi, après m’être arrêtée sur notre propre identité́, l’identité du moi, du soi, l’identité de l’autre, avec ce troisième module du « coaching d’intégration », je me penche sur d’une part  « qui » dans notre environnement (nos relations avec les autres, sur les évènements, les milieux, les rencontres) a contribué à forger notre identité́, maintenant et par le passé d’où nous viennent nos connaissances, nos valeurs, et d’autres part comment se servir des « catégorisations croisées ».

Dans nos relations aux autres, on sera plus ou moins touchés par certaines choses, en fonction de notre histoire personnelle et de l’histoire collective.
Lorsque nous sommes fortement touchés dans nos « zones sensibles », dans ce qui est particulièrement important dans notre système de valeurs, elles peuvent provoquer des réactions affectives et peuvent freiner voire empêcher toute communication

Si je dois m’attarder, ne serait-ce que l’espace de cet écrit, sur ce qui s’est passé lors des attaques terroristes en France, notamment la folie meurtrière dont Charlie Hebdo a été victime, souvenir ô combien douloureux et totalement condamnable, je m’interrogerais sur le système de valeurs qui a poussé les attaquants à commettre ce crime.

N’était-ce pas pour eux une violation de leurs valeurs intrinsèques, constitutives de leurs identités qui les a heurtés et poussés à l’extrême ?  Les commanditaires islamistes n’ont-il pas instrumentalisés ces valeurs indissociables de l’identité d’un arabe musulman ? Ne s’en sont-ils pas allégrement servies pour pousser quelques extrémistes à passer à l’acte ?

Le « coaching d’intégration » est en cela très utile, car il permet d’anticiper les réactions négatives dues aux pertes de repère, au sentiment de rejet, d’insécurité, et propose un changement de paradigme.

Se servir des « catégorisations croisées »

1-       La « Catégorisation » : classement des personnes et des choses en fonction de leurs ressemblances et de leurs affinités.

2-       « Croisée » : une même personne n’est pas enfermée dans une seule « catégorie » et peut, selon les moments et les circonstances, être en affinité́ puis en opposition avec la même personne.

Une fois cette catégorisation croisée effectuée, il est indispensable :

3-       D’établir un espace de négociation pour aboutir à un compromis. A partir du moment où l’autre perçoit qu’il est compris et reconnu, le champ de la négociation est ouvert. Le but est d’apprendre à objectiver son propre système de références, à s’en distancier (sans pour autant le récuser) et donc à admettre l’existence d’autres perspectives.

 

En conclusion 

Le but du « coaching d’intégration », est ternaire :

1-      Traiter les causes profondes du rejet de l’autre :  le rejet prend ses racines dans les forces qui habitent le cœur humain, la peur, la haine, la cupidité et l'indifférence. C'est à ce niveau qu'il faut rechercher les solutions pour réduire les conflits, l'injustice, la pauvreté et la destruction de l'environnement et pour rétablir des relations de confiance entre les hommes ?

2-      Le développement équitable : Promouvoir des initiatives pour la justice, la paix sociale et le développement durable.

3-      Le leadership éthique : Promouvoir une bonne gouvernance dans la gestion publique comme dans la vie économique en développant un leadership basé sur l'intégrité, la compassion et le service désintéressé. 

Le « coaching d’intégration » a pour vocation de favoriser un dialogue honnête au-delà des différences, de construire des relations de confiance et des valeurs communes pour lutter contre les préjugés, l'exclusion et le racisme.

A l’issue du cycle, un curriculum vitae de citoyenneté est co-construit avec les participants reprenant tous les éléments de compréhension et d’actions à mettre en œuvre pour une intégration optimale.

Résumé en graphique de la méthode du « coaching d’intégration » 

 

BIBLIOGRAPHIE

 Ouvrages

 

ALTER, N (2012) La force de différence.

 

BANON, P, (2013), Réinventons les diversités. Pour un management éthique des différences.

 

BANON, P, (20), Guide du mieux vivre ensemble.

 

BAUBEROT, J (2015) Les sept laïcités

 

CAILLIAU, H., (2012), L’Esprit des religions. Connaître les religions pour mieux comprendre les hommes.

 

D'IRIBARNE, P (1989) dans la logique de l’honneur.


CUCHE, D
(2010), la notion de culture dans les sciences sociales.

DURKHEIM, E (1893) La division du travail social

LADRIERE, J (1977) Dans les enjeux de la rationalité.

 

MAALOUF, A (2010)  le dérèglement du monde

 

MAALOUF (1998) Identité meurtrière

 MONTAIGNE essais I,22,  de la puissance de la tradition :

 

PIERRE, P. et MUTABAZI, E 2008 Les discriminations.

 

SAUQUET, M (2007) l’intelligence de l’autre.

 

  SCHNAPPER, D (2007), Qu’est-ce que l’intégration

 

A suivre…

Une initiation universaliste aux cultures et aux valeurs sociétales, scientifiques et ethiques

Pour tout renseignement, Pierre Chastanier (Président), 5 avenue de Messine, Paris 8ème